Le 18 mai dernier, l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz de Roscoff, rassemblait une centaine de personnes pour un dernier hommage à notre collègue Jean-Jacques Boulch.
Né à Paris en 1951, Jean-Jacques Boulch nourrit très jeune un désir de mer et d'océan. Cette attirance se développe au cours de son apprentissage en centre nautique, comme stagiaire puis moniteur. En effet Jean-Jacques Boulch passe ses vacances dans la maison familiale située dans une petite cité de caractère du Finistère Nord, à quelques milles de l'île de Batz.Connue pour son oignon rose et ses Johnnies, son église d'architecture gothique, la cité portuaire de Roscoff, continue de fasciner pour son patrimoine maritime, ses maisons d'armateurs et le célèbre corsaire Morgan Rosko. Son adolescence est bercée de rêves de mer et de voyages au moment où à 15 ans il rentre en apprentissage à l'école de la RATP. Il obtient son CAP d'ajusteur, un BEP de dessinateur industriel et de frigoriste. Jean-Jacques Boulch ne souhaite pas « passer 40 ans à réparer des bus ». Il ne perd pas de temps et obtient à Paris, en 1970, son permis bateau en plaisance. Poursuivant son rêve de mer et de voyage, il choisit de faire son service militaire dans la Marine. Il est affecté comme spécialiste de la chaîne du froid au centre de formation maritime d'Hourtin en Nouvelle Aquitaine. Dégagé de ses obligations militaires, il postule auprès de compagnies maritimes, pour naviguer.
Premières navigations au long cours
En 1973, il rejoint l’équipage d’un cargo frigo Le Marsouin puis celui de son sister-ship Le Fribourg spécialisé dans le transport de bananes au départ de la Côte-d'Ivoire. Il garde en mémoire ses escales en Afrique, en Amérique centrale et aux États-Unis, sans oublier quelques pays de l'ancien bloc soviétique. Ses premières navigations l'enchantent mais en l'absence de perspectives d'évolution, à 26 ans, il passe le concours d'Officier mécanicien et rejoint les effectifs de l'Hydro de Saint Malo et de Nantes deux Écoles Nationales Supérieure Maritime. En 1979, son diplôme en poche, il est recruté chez Gazocéan qui met à disposition des officiers français à d'autres compagnies.
Maryvonne Boulch (son épouse) se souvient de cet épisode de la carrière de son mari. « Jean-Jacques embarque le 22 décembre 1979 à Suez, sur le gazier Razi, battant pavillon iranien (en pleine crise de la prise d'otage à l'ambassade américaine de Téhéran). Puis ce sera sur les navires de la Comanav : IBN Jabir , Khaldoun et Otman et Al Ghassani : gaziers, phosphoriquiers. Fin 1982 la Comanav trouve que les officiers français coûtent trop cher et dénonce le contrat. Gazocéan se trouve alors en sur effectif ».
La Britany Ferries
En 1982, il rejoint la compagnie bretonne Britany Ferries (BAI) à la recherche d'officiers français expérimentés. La qualité de vie de la famille s'améliore ainsi pour son épouse et ses trois enfants installés dans leur nouvelle maison construite à Roscoff. Après plusieurs embarquements pour des navigations au long cours et de nombreuses rotations sur des car-ferries, il intègre la BAI « Il a navigué sur la quasi totalité des bâtiments de la Brittany Ferries: Cornouailles, Armorique, Breizh Izel, Trégastel, Duchesse Anne, Reine Mathilde, Bretagne, Quiberon, Duc de Normandie et surtout le Val de Loire qu'il affectionnait particulièrement, après treize ans de navigation commune. Il était allé en Suède pour le convoyer avant de suivre le chantier des transformations à La Spezia en Italie »…
L'engagement associatif
Il fête son départ en retraite en 2006. sur le Val de Loire juste avant qu'il soit vendu. Jean Jacques Boulch reste très attaché à la Britany Ferries et reprend du service durant treize ans comme président de l'amicale des retraités de la BAI.
Désormais, à terre, il s'adonne au bricolage et à l'informatique affectionnant toujours les voyages, avec l'amicale ou en couple en camping-car.
En mer, il se consacre à la navigation de plaisance, à la pêche aux casiers en famille, avec ses enfants et ses trois petites filles sur son pêche promenade Guy Marine 580.
Jean-Jacques Boulch laisse le souvenir d'un marin au long cours et d’un homme qui a réussi à vivre son rêve de mer.
Décoré chevalier du Mérite Maritime en 2015, il adhère à la section Finistère de la Fédération nationale du Mérite Maritime. Appréciant les réunions de secteur, il participait avec plaisir aux assemblées générales, l'occasion de retrouver ses collègues et amis de la Marine marchande et de la pêche.
Joël Ruz président, le bureau et François Gobin, porte-drapeau de la section Finistère du Mérite Maritime, adressent leurs sincères condoléances à sa famille.
© Eric Berthou



