Lors de la dernière assemblée générale de la section Finistère de la fédération nationale du Mérite Maritime à Camaret-sur-mer, deux marins du contingent A ont été distingués :
Patrick Bourhis : la passion de la mer en héritage.
Né en 1967 dans le port Normand de Cherbourg, Patrick Bourhis a grandi dans le sud Finistère à Névez dans l'atmosphère d'un port de pêche. Issu d'une famille de marins avec un père marin d’État et ses oncles patrons pécheurs, Patrick Bourhis se tourne naturellement vers la mer et après l'obtention de son brevet des collèges en 1983, rentre à l'Ecole d'Apprentissage Maritime de Concarneau. Dès l'été de la même année, il embarque pour la première fois sur le chalutier hauturier CC545164 Simplon, un pêche arrière construit en 1981 à Cherbourg de l'armement DHELEMMES, qui avec ses 34 mètres, est taillé pour la pêche au chalut des grands fonds. Après ce galop d'essai réussi, il repart en février 1984 sur le chalutier CC545165 Izoard sister ship du Simplon. Il vit l'expérience d'une marrée dans des conditions hivernales. Satisfait, le capitaine lui propose une place à bord après sa sortie d'école. En 1984, Patrick Bourhis termine son parcours, brillamment comme major de promotion à l'AME de Concarneau et rejoint l'armement. Cumulant les milles, enchaînant les navigations, il se présente au cours de lieutenant de pêche en septembre 1986. Il obtient son diplôme en juin 1987 et embarque comme matelot sur le chalutier Lioran. En 1988, il retrouve le chalutier Izoard et en 1989, obtient son diplôme de Capitaine de pêche. En septembre 1993, Patrick Bourhis prend le commandement du chalutier Izoard. L'armateur lui propose le commandement du chalutier Cayolle 1985 CC 544860 et à 25 ans, Patrick Bourhis a atteint son objectif. Dans un contexte déjà compliqué pour la filière pêche, Patrick Bourhis passe son diplôme de capitaine côtier puis de capitaine 3000 à l'ENSM de Saint-Malo en1995. Diplôme en poche, il reprend le commandement du chalutier Cayolle jusqu'en 2017 et après 17 ans de service chez le même armateur, rejoint la compagnie Surf filiale française du groupe Bourbon pour commander des Supply sur plusieurs champs pétrolifères dans le monde.
En 2004, Patrick Bourhis est promu capitaine de marine marchande. Il assure la mise en service de l'Astérie en Norvège et prend le commandement de l’Ulysse Supply spécialisé dans la pose et le relevage d’Ancres dans les grands fonds. Il poursuit avec la mise en service de l'AHTS Bourbon Théra en Chine. En janvier 2010, ll suis le cours de capitaine illimité et reçois son diplôme la même année. En novembre 2010, le groupe Bourbon, propose à Patrick Bourhis le poste de capitaine référent pour sa filiale française Surf, durant trois ans et demi pour des missions en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique latine. Instructeur sur simulateur à Marseille, en mai 2005, il part en mission au Congo comme gestionnaire de contrat.
Récipiendaire de la médaille d'honneur des marins, depuis 2005, Patrick Bourhis quitte la carrière en 2022.
Joël Ruz président de la section Finistère de la Fédération nationale du Mérite Maritime déclare alors : « Pour votre implication et l'ensemble de votre carrière de la pêche au pétrole, nous vous faisons chevalier dans l'ordre national du Mérite Maritime ».
Gildas Le Briquir : La passion de la navigation et de l'histoire maritime
Né le 17 mai 1950 à Lannion Originaire des côtes d'Armor, entre le port et les falaises de Trédrez-Locquémeau, Gildas Le Briquir s’imprègne du monde maritime avec son grand-père, marin naviguant au long cours. De la BP à la Mobil oil France, son premier embarquement remonte à l'été 1972. Il a 22 ans, et embarque à bord du pétrolier de 210 000 tonnes Cheverny de la Société Maritime des Pétroles BP à laquelle il reste attaché après onze années de service. En 1976, il obtient son diplôme d'officier de Marine Marchande, puis il effectue son service militaire comme enseigne de vaisseau à bord du Bâtiment de Soutien Logistique, BSL A 615 Loire. En 1979, Gildas Le Briquir intégre la compagnie Mobil oil France et devient deux ans plus tard, capitaine de 1ère classe. En 1983, il quitte la navigation et fort de son cursus technique, il trouve un emploi à terre en qualité d'Ingénieur maintenance ou travaux neufs. Entre expertises techniques et mémoire maritime En 2005, pour des raisons professionnelles, Gildas Le Briquir est de retour au Havre. En parallèle, il s'engage dans la vie du Musée maritime et portuaire du grand port aux confins de la baie de Seine et de la Manche. Chargé de gérer un fichier papier sur les navires commerciaux sous pavillon français, il devient responsable de la numérisation de ce fond toujours utilisé. 5600 navires sont recensés dans cet inventaire. En 2006, Il rejoint la compagnie fluviale de transport pour qui il mène dès 2007, des missions de maintenance d’installations gazières. En 2015, Gildas Le Briquir part en retraite et se consacre pleinement à sa passion pour l'histoire maritime… En 2022, il poursuit son travail de recherche pour l'association des Caps Horniers, pour les navires de charge du Trégor-Goélo des quartiers maritimes de Morlaix à Paimpol, ou encore l'association mémoires de pêcheur à Terre-neuve ou en Islande.
Au terme de la lecture de l'éloge de Gildas Le Briquir, Joël Ruz président de la section Finistère de la Fédération nationale du Mérite Maritime, conclut : « pour votre valeur professionnelle et votre implication dans le travail sur notre mémoire maritime, reconnue par le décret du 29 décembre 2025 portant votre nomination à l'ordre national du Mérite Maritime, au nom du gouvernement de la république, par les pouvoirs qui me sont conférés, nous vous faisons chevalier du Mérite Maritime.»
© Eric Berthou.



